|
Le G.E.S.T., une a.s.b.l. dynamique qui a vu le jour en octobre 1983. Son objectif premier, la vulgarisation des sciences de la Terre : l géologie, minéralogie, paléontologie, volcanologie, préhistoire, évolution, environnement… Les membres proviennent de tous les horizons : amateurs, étudiants, enseignants, géologues professionnels, universitaires attirés par ce vaste domaine. L'association collabore étroitement avec des groupements professionnels tels que la Société Belge de Géologie, le Service Géologique de Belgique, les Universités (U.L.B., U.C.L., ULg., Faculté Polytechnique de Mons...), la Société Royale d'Anthropologie et de Préhistoire, le Musée des Sciences Naturelles de Belgique, les musées d'Histoire Naturelle d'Aix-en-Provence et de Toulon pour ne citer que les plus importants. Elle partage un local dans l'Ecole des Ressources Humaines, au 30 rue de la Ruche à Schaerbeek. Une collection importante de roches, minéraux et fossiles, répertoriée et exposée dans des vitrines de l'école, est accessible au public. Le G.E.S.T. publie un bulletin bimestriel de très bonne facture comprenant des articles de fond de haut niveau. Un feuillet mensuel d'information annonce l'agenda des activités de l'association, ainsi que les manifestations se rapprochant de ses objectifs, expositions, conférences, foires et bourses de minéraux et fossiles. Il diffuse également des nouvelles brèves et de nombreux renseignements d'ordre pratique. Sa bibliothèque a été intégrée dans celle du CDI (Centre de documentation). Elle constitue une documentation importante et variée. De plus, le G.E.S.T. met ses compétences à la disposition de ce Centre pour fournir les informations nécessaires aux enseignants et à leurs élèves. Diverses activités telles que conférences, cours, assemblées générales, conseils d'administration, ou tout simplement réunions de rencontres et d'échange d'idées ... géologiques bien sûr sont organisées dans les locaux de l'école. Une permanence est assurée durant la semaine dans les locaux du CDI. Secrétariat : Fanny LICHTFOUSE, tél. : 0475/82.18.13 |
|
De quelle meilleure remise en route pouvait-on rêver ?
Une sortie du GEST, constituée d’une excursion géologique sous la conduite de Thierry Mortier - la composante intellectuelle du jour - suivie d’une activité certes plus légère car récréative, mais non moins agréable, un barbecue dans la charmante propriété de campagne d’une de nos fidèles membres, Nicole Lauvau.
Mais cela n’avait pas été sans émotion de dernière minute pour votre serviteur.
Pendant un long moment, j’avais nourri de sérieuses angoisses, celle de me faire remarquer en me présentant au lieu de rendez-vous comme l'inévitable retardataire, alors que le quart d'heure académique eût été plus largement entamé. Il faut dire que j'avais pris la malheureuse initiative de m'engager dans un itinéraire original et quelque peu improvisé, que je n'aurais jamais choisi si j'avais pris la peine de repérer soigneusement la route au préalable.
Seulement voilà, j'avais cru devoir chèrement payer mon manque d'entraînement, et l’absence d’un instrument que tout le monde semble posséder à l’heure actuelle - le GPS pour ne pas la nommer - jusque ce que je n'arrive près de l'écluse, pour m'apercevoir soudain avec grand soulagement qu'un petit groupe était seulement occupé à se former.
Notre président n’était pas lui-même sur place, précisément occupé qu'il eût pu être, à tenter de me joindre par téléphone. J’allais d’ailleurs apprendre plus tard que cette absence était justifiée par une très noble cause, les préparatifs de la seconde partie de la journée.
Mon honneur de secrétaire était sauf, mais cela n'allait pas être la seule raison de nourrir soulagement et satisfaction, car le temps de rejoindre les premiers arrivés, je m'étais vite aperçu qu'il en arrivait de toutes parts, mes difficultés d'orientation n'étant pas les seules qui aient été rencontrées.
Ce fut donc finalement une troupe au nombre très honorable qui s'agglutina autour de notre guide du jour, Thierry Mortier, que je n'avais personnellement jamais rencontré, mais dont notre président n’a jamais tari d'éloges, et ce depuis des années.
C'est dès lors sous les meilleurs auspices que débuta finalement cette promenade.
Notre géologue de service avait concocté pour l’occasion un programme certes réduit, compte tenu de la durée de la sortie, mais constitué d’une présentation générale, agrémentée de plusieurs grands panneaux didactiques, qui n'étaient certes pas de trop pour permettre aux participants de bien visualiser des développements et des bouleversements terrestres dont seuls les habitués peuvent prétendre suivre les contours.
Après avoir exprimé force généralités en matière de géologie et de paléontologie, décrivant les grandes lois et autres règles de la formation de notre planète et de ses sols, Thierry Mortier entama la promenade proprement dite, laquelle permit de discerner plusieurs affleurements naturels, mais également quelques beaux exemples d’emploi ciblé des roches dans la construction, ce depuis des décennies et dans une région certainement privilégiée dans ce domaine.
Sous un ciel menaçant, mais dont les prévisions météorologiques nous avaient garanti qu'il ne se transformerait pas en d’indésirables averses, la promenade se termina par une petite digression à caractère ornithologique, par une courte visite à la réserve sauvage de l'endroit. La petite troupe de voitures, aux conducteurs fort disciplinés, se rendit donc au bord de la Sambre, après un petit crochet pour admirer le charmant château du village au nom très approprié de Solre-sur-Sambre.
L'accueil chez notre hôte du jour, Nicole Lauvau, allait par la suite se révéler à la hauteur de toutes les espérances : un copieux et savoureux apéritif était apprêté aux côtés d'un barbecue dont le moins que l'on puisse dire est qu'il était déjà dans un impressionnant état de bon avancement, la cuisson des viandes savamment dosée et quasiment terminée par le fils de la maîtresse des lieux.
Après un long moment de conservations diverses, - retrouvailles et nouvelles connaissances obligent - les participants s'installèrent progressivement à table, chacun trouvant sa place d'une manière quasiment naturelle.
Est-il besoin de souligner, le caractère enchanteur de cette paisible maison située en bord de Sambre aura été remarqué autant qu'apprécié par toute la troupe. De surcroît, une immense flambée improvisée au beau milieu du jardin permit d'apporter une note chaleureuse que ne dédaignèrent pas tous les membres du groupe Lave qui étaient présents.
Après l'incontournable café et son assortiment de tartes, votre serviteur et son épouse durent toutefois s'en aller vers d'autres horizons, contraintes familles obligent.
Autant résumer tout ce qui précède en avançant sans réserve que cette journée de promenade géologique suivie d'un barbecue se révéla une activité sans fausse note aucune, digne d’une rentrée académique qui se respecte, et une encourageante reprise qui fut appréciée par notre association à sa juste valeur.
Dominique Van Espen
Chronologie courte ou longue ?
Steohen Jay Gould, ce biologiste évolutionniste, aujourd’hui malheureusement disparu, a écrit en 1987 un ouvrage intitulé « Time’s Arrow, Time’s Cycle » (traduit en français en 1990 sous le titre de « Aux racines du temps »[1]). Dans ce livre, il prend pour thème central le temps, celui qui passe, qui s’écoule. Le temps profond, comme il le nomme, c’est-à-dire le temps géologique.
« Le temps profond est si difficile à appréhender, si étranger à notre expérience de tous les jours qu’il demeure une énorme pierre d’achoppement pour notre entendement. Toute théorie sera taxée de révolutionnaire pour peu qu’elle remplace une fausse extrapolation par une juste transposition d’événements ordinaires dans la vaste durée »[2]..
Les opinions formulées à propos du temps profond ne sont pas innocentes, elles reflètent toute une philosophie qui peut marquer une époque. Durant une longue période de plusieurs siècles la chronologie courte imposée par les ecclésiastiques se réclame de la Bible. C’est le temps biblique qui, avec ses 6.000 ans, ne peut expliquer l’histoire de la Terre que par des faits miraculeux. James Hutton (1726-1797), introduit le concept de temps profond dans la pensée géologique britannique. Son système dérive de deux notions théoriques formulées à priori : processus cyclique et immensité du temps. Il introduit donc l’idée d’une chronologie longue.
« En d’autres termes, le temps cyclique est au cœur de la vision de Hutton ouvrant sur une théorie rationnelle de la Terre. Hutton a élaboré sa théorie en imposant à notre planète l’interprétation du temps cyclique la plus rigide et la plus intransigeante jamais soutenue par une géologue »[3]. Les événements se répètent après un cycle déterminé dont la fin peut être marquée par un cataclysme tel le Déluge.
Par contre, un autre géologue britannique, Charles Lyell (1797-1875), a une tout autre approche ; « pour lui, démêler la vérité géologique imposait qu’on s’en tînt strictement à une méthodologie ». Il se base sur les événements du présent pour expliquer ceux du passé ; c’est ce que l’on nommera uniformitarisme ou actualisme. Son œuvre majeure, « Principles of Geology » est l’exposé d’une vision du monde dont « la clé est la représentation d’un imposant temps cyclique, associant les deux principes de gradualisme et d’uniformité de l’état physique[4]. Il est également partisan de l’immensité des temps géologique ; et admet donc une chronologie longue.
L’article sur l’âge de la Terre tente, de manière historique, de montrer cette progression dans le passage d’une chronologie courte à une chronologie longue. En définitive, la découverte de la radioactivité permettra de clore le débat et d’obtenir une vision réelle de l’histoire de l’Univers et de la date de son origine.
En complément, nous donnons un extrait d’un ouvrage paru en 1872 qui montre qu’à cette époque, les tenants d’une chronologie courte ne lâchait pas prise et chose encore plus inquiétante, que cette élucubration est due à la plume d’un soi-disant ingénieux qui par principe devrait avoir un esprit cartésien et pragmatique.
Nous débutons ce bulletin par la deuxième partie de la petite introduction au pétrole. Dans celle-ci, l’auteur aborde les techniques de l’exploitation pétrolière et nous conduit à suivre les diverses phases depuis la prospection jusqu’au forage proprement dit, en nous révélant au passage quelques vérités pas toujours bonnes à entendre.
La Rédaction
[1] Gould S.J. (1990) – Aux Racines du temps, Grasset.
[2] Page 12 de l’opus cité
[3] Page 130 de l’opus cité
[4] Page 229 de l’opus cité
La journée du 13 septembre a été un vrai succès. Près de 25 participants se sont pressés autour de Thierry Mortier pour suivre ses explication le long du trajet dans l'entité de Labuissière. Ensuite, le groupe a rejoint le lieu du barbecue où ceux qui n'ont pu se lever tôt les attendaient en ayant déjà entamé l'apéro. Au total une quarantaine de personnes. Le lieu admirable et l'acceuil de l'hôtesse ont impressionné les participants habituels aux barbecues précédents. Il faut dire que la propriété de Nicole Lauvau, le long de la Sambre est fort étendue. Le jardin aux espèces multiples cache une maison du début du XXème siècle qui au départ était une ginguette où les badauts du dimanche aimaient venir prendre un verre en se donnant, pour certains, aux joies de la pêche.
Heureusement le temps fut plus ou moins clément et à part une petite tentative de légère pluie, la journée fut sèche (pas pour les participants !). Frédéric, le fils de Nicole officiait au barbecue à la satisfaction des affamés. Après le repas, lorsque tous furent repus, il entreprit un grand feu digne de ceux de notre jeunesse lors des camps scouts.
Revenons à la promenade géologique qui débuta près du pont sur la Sambre à Labuissière, où notre guide donna ses premières explications sur l'évolution géologique de la région. Ensuite, sous sa conduite, les participants de 7 à 77 ans (et plus) purent découvrir les différentes formations qui se succèdent le long de la route de Thuin : formation de Fromelennes constituée de calcaires, formation de Nismes (schistes passant progressivement aux calschistes), formation du marbre Sainte-Anne et enfin, en partie supérieure, les calcaires du Pont de la Folle. C'est toujours un charme d'écouter Thierry expliquer d'une manière simple et très compréhensible la succession des phénomènes géologiques qui ont façonné le paysage actuel. Après un petit circuit au sein des anciennes carrières qui permit de comprendre ce qu'est un biostrome, le groupe rejoignit les voitures. Un rapide détour par la réserve naturelle de Merbes-le-Château afin de repérer les nids de hérons perchés dans la frondaison des arbres le long d'un bras de la Sambre, et le château de Solre-sur-Sambre, bel exemple de l'architecture des châteaux-forts du Moyen Age.
Un petit fascicule sur cette balade, avec photos en couleur, est disponible au secrétariat du G.E.S.T. pour la modique somme de 2 euros (14 p., 24 photos, 1 schéma, 1 coupe géologique).