De quelle meilleure remise en route pouvait-on rêver ?
Une sortie du GEST, constituée d’une excursion géologique sous la conduite de Thierry Mortier - la composante intellectuelle du jour - suivie d’une activité certes plus légère car récréative, mais non moins agréable, un barbecue dans la charmante propriété de campagne d’une de nos fidèles membres, Nicole Lauvau.
Mais cela n’avait pas été sans émotion de dernière minute pour votre serviteur.
Pendant un long moment, j’avais nourri de sérieuses angoisses, celle de me faire remarquer en me présentant au lieu de rendez-vous comme l'inévitable retardataire, alors que le quart d'heure académique eût été plus largement entamé. Il faut dire que j'avais pris la malheureuse initiative de m'engager dans un itinéraire original et quelque peu improvisé, que je n'aurais jamais choisi si j'avais pris la peine de repérer soigneusement la route au préalable.
Seulement voilà, j'avais cru devoir chèrement payer mon manque d'entraînement, et l’absence d’un instrument que tout le monde semble posséder à l’heure actuelle - le GPS pour ne pas la nommer - jusque ce que je n'arrive près de l'écluse, pour m'apercevoir soudain avec grand soulagement qu'un petit groupe était seulement occupé à se former.
Notre président n’était pas lui-même sur place, précisément occupé qu'il eût pu être, à tenter de me joindre par téléphone. J’allais d’ailleurs apprendre plus tard que cette absence était justifiée par une très noble cause, les préparatifs de la seconde partie de la journée.
Mon honneur de secrétaire était sauf, mais cela n'allait pas être la seule raison de nourrir soulagement et satisfaction, car le temps de rejoindre les premiers arrivés, je m'étais vite aperçu qu'il en arrivait de toutes parts, mes difficultés d'orientation n'étant pas les seules qui aient été rencontrées.
Ce fut donc finalement une troupe au nombre très honorable qui s'agglutina autour de notre guide du jour, Thierry Mortier, que je n'avais personnellement jamais rencontré, mais dont notre président n’a jamais tari d'éloges, et ce depuis des années.
C'est dès lors sous les meilleurs auspices que débuta finalement cette promenade.
Notre géologue de service avait concocté pour l’occasion un programme certes réduit, compte tenu de la durée de la sortie, mais constitué d’une présentation générale, agrémentée de plusieurs grands panneaux didactiques, qui n'étaient certes pas de trop pour permettre aux participants de bien visualiser des développements et des bouleversements terrestres dont seuls les habitués peuvent prétendre suivre les contours.
Après avoir exprimé force généralités en matière de géologie et de paléontologie, décrivant les grandes lois et autres règles de la formation de notre planète et de ses sols, Thierry Mortier entama la promenade proprement dite, laquelle permit de discerner plusieurs affleurements naturels, mais également quelques beaux exemples d’emploi ciblé des roches dans la construction, ce depuis des décennies et dans une région certainement privilégiée dans ce domaine.
Sous un ciel menaçant, mais dont les prévisions météorologiques nous avaient garanti qu'il ne se transformerait pas en d’indésirables averses, la promenade se termina par une petite digression à caractère ornithologique, par une courte visite à la réserve sauvage de l'endroit. La petite troupe de voitures, aux conducteurs fort disciplinés, se rendit donc au bord de la Sambre, après un petit crochet pour admirer le charmant château du village au nom très approprié de Solre-sur-Sambre.
L'accueil chez notre hôte du jour, Nicole Lauvau, allait par la suite se révéler à la hauteur de toutes les espérances : un copieux et savoureux apéritif était apprêté aux côtés d'un barbecue dont le moins que l'on puisse dire est qu'il était déjà dans un impressionnant état de bon avancement, la cuisson des viandes savamment dosée et quasiment terminée par le fils de la maîtresse des lieux.
Après un long moment de conservations diverses, - retrouvailles et nouvelles connaissances obligent - les participants s'installèrent progressivement à table, chacun trouvant sa place d'une manière quasiment naturelle.
Est-il besoin de souligner, le caractère enchanteur de cette paisible maison située en bord de Sambre aura été remarqué autant qu'apprécié par toute la troupe. De surcroît, une immense flambée improvisée au beau milieu du jardin permit d'apporter une note chaleureuse que ne dédaignèrent pas tous les membres du groupe Lave qui étaient présents.
Après l'incontournable café et son assortiment de tartes, votre serviteur et son épouse durent toutefois s'en aller vers d'autres horizons, contraintes familles obligent.
Autant résumer tout ce qui précède en avançant sans réserve que cette journée de promenade géologique suivie d'un barbecue se révéla une activité sans fausse note aucune, digne d’une rentrée académique qui se respecte, et une encourageante reprise qui fut appréciée par notre association à sa juste valeur.
Dominique Van Espen
Le mot du président
Septembre, le mois de la rentrée académique. Comme à chaque fois depuis de très nombreuses années (8/9/1990), nous la débutons par le traditionnel barbecue qui nous permet de nous retrouver et d’échanger nos souvenirs et impressions de nos vacances aux destinations proches ou lointaines et plus ou moins insolites.
Cette année nous ne dérogeons pas à la tradition, mais… cette fois, cette manifestation aura lieu à Merbes-le-Château, non loin de Binche, le long de la Sambre, dans un endroit idyllique, le jardin de Nicole Lauvau, l’une de nos membres assidues. De plus, nous débuterons la journée par une promenade géologique à Labuissière, tout à côté, sous la conduite éclairée de Thierry Mortier que quelques-uns d’entre vous connaissent déjà. Nous vous invitons à participer à cette première activité. Croyez-moi cela en vaut la peine, vous ne serez pas déçus.
Nous aimerions retrouver les fastes des années 1980-1990, durant lesquelles, le G.E.S.T. a connu son heure de gloire. Nous dépassions les cent membres et une sortie était organisée deux fois par mois. Elles étaient suivies assidûment par au moins une vingtaine de personnes. Les temps ont changé. La fréquentation s’éclaircit, le nombre des membres stagne aux alentours de soixante. Le phénomène semble général et ne touche pas seulement notre association. Perdons-nous le sens de la cohésion associative ? Devenons-nous plus individualistes ? Ou tout simplement, sommes-nous trop sollicités par les nombreuses activités proposées tout azimut ?
Quoiqu’il en soit, nous reprenons le cycle des causeries mensuelles du jeudi et tâcherons d’organiser l’une ou l’autre sortie. Votre président a un défaut, il est tenace et parfois même obstiné. Lorsqu’il s’est engagé, il mettra tout en œuvre pour réaliser son projet.
Notre éditorialiste attitré réalise un de ses rêves, l’organisation d’une exposition de sa collection prestigieuse de fossiles récoltés depuis son entrée au G.E.S.T., en 1988 !
L’une de ses spécialités est la récolte de dents de requins dont certains échantillons atteignent les 10 cm. Sachez qu’au départ, il a participé à une de nos sorties, entraîné par l’une de ses amies et que son intention était de tirer quelques belles photos à cette occasion. Le virus de la recherche de fossiles lui est venu petit à petit et c’est ainsi qu’il a monté sa collection. Vous pourrez juger du le résultat.
Elle se tiendra à l’Ecole communale de Bousval, entre 10 et 19 heures le samedi 29 août et entre 10 et 18 heures le dimanche 30 août.
Faites lui l’honneur d’une petite visite. Vous en tirerez de toute façon un bénéfice au niveau connaissances paléontologiques et beauté de la nature. Cela vous donnera peut-être des idées et incitera vos amis à nous rejoindre.
Effets néfastes de la lutte contre le réchauffement climatique !
Il semble logique et impératif de lutter contre le réchauffement de la planète. Mais attention aux conséquences que peuvent entraîner les diverses solutions proposées. Ainsi, d’après une étude de Mark Jacobson, de l’Université Stanford en Californie[1], l’utilisation d’un carburant « vert » tel le superéthanol (85% d’éthanol, 15% d’essance) n’est pas sans risque. Ses simulations, tenant compte des facteurs environnementaux et atmosphériques, montrent qu’en 2020 aux U.S.A., si tous les véhicules utilisent ce nouveau carburant, le taux de décès causés par la pollution augmentera de 4%. Ceux-ci produiront davantage d’acétaldéhyde, un polluant organique volatil qui participe à la production d’ozone. On sait qu’une trop grande concentration d’ozone dans l’air provoque des troubles respiratoires et endommage les poumons. Donc, précautions avant de se lancer tête baissée dans cette voie.
Autre solution : pour diminuer l’émission des gaz à effet de serre, reboisons. En effet, on sait que les forêts absorbent une partie du CO2. Bien, mais n’agissons pas n’importe comment. Il faut également tenir compte de l’absorption et de l’émission du rayonnement solaire et de l’évapo-respiration. Si la déforestation a un effet négatif (réchauffement) du fait de l’ajout de CO2, elle peut avoir un effet positif (refroidissement) par augmentation de l’albedo. L’équipe de G. Bala, du Lawrence Livermore National Laboratory (U.S.A.), en intégrant tous ces paramètres, arrive à des conclusions différentes suivant la latitude. Une extension des forêts sous les tropiques apporte des effets climatiques positifs (refroidissement), tandis que l’effet est négatif si elle a lieu à des latitudes élevées[2].
Enfin, troisième exemple, d’ordre économique cette fois. L’existence de solutions alternatives aux combustibles fossiles pourrait entraîner une augmentation des rejets de gaz à effet de serre ! Sans solution énergétique de rechange, le carbone fossile, sous toutes ses formes, resterait notre seule source d’énergie et nous serions contraint de continuer à l’extraire du sol et à rejeter le CO2 dans l’atmosphère. Le développement de technologies non carbonatées nous ouvre une porte de sortie. Attention pourtant, car l’évidence peu être trompeuse, non pas du point de vue technique, mais du point de vue économique. L’exemple suivant est repris de Michel Moreaux, du Laboratoire d’Economie des Ressources Naturelles de l’Université de Toulouse.
Il suppose que les solutions alternatives deviennent rentables lorsque le baril de pétrole atteint les 100$. Jusque là, les producteurs peuvent écouler leur pétrole en toute quiétude. A partir de 100$, ils resteront avec leur production sur les bras, car elle ne vaudra plus rien et les gisements seront encore loin d’être épuisés. L’évolution du prix d’une ressource non renouvelable suit une règle simple (règle de M. Hotelling), selon laquelle, le prix augmente grosso modo proportionnellement au taux d’intérêt. La raison théorique de cette règle est que les producteurs comparent le prix actuel du baril à celui auquel ils pourraient le vendre l’année suivante. Si aucune augmentation n’est envisagée, ils n’ont aucun intérêt à laisser un baril dans le sol cette année pour l’extraire l’année prochaine. Il vaut mieux l’extraire et placer l’argent récolté. Si l’on pousse le raisonnement plus loin, on voit que, pour qu’il n’y ait pas de pression financière à extraire aujourd’hui plutôt que demain, ou demain plutôt qu’aujourd’hui, il faut que le pétrole rapporte autant dans le sol qu’à la surface, c’est-à-dire que son prix augmente proportionnellement au taux d’intérêt. Cette règle qui fait fi des coûts d’extraction et de l’incertitude sur les prix, donne cependant une idée de l’évolution du prix sur de longues durées et permet de se faire une idée de l’instant où le baril atteindra le seuil fatidique des 100$. L’idéal pour les producteurs est d’atteindre ce seuil au moment où les réserves seront épuisées. Le cartel des producteurs est suffisamment conscient de ce problème et il s’arrangera pour faire descendre le prix du baril afin de stimuler la consommation. Le résultat final est que ce prix s’ajustera de manière à ce que tout le pétrole en gisement soit rejeté dans l’atmosphère lorsque les technologies de substitution seront compétitives. D’où, augmentation de la production des gaz à effet de serre[3]. C.q.f.d. !
Robert Six
[1] Environmental Science & Technology, avril 2007 (Pour La Science – N° 356, juin 2007).
[2] Maurice Mashaal, FNAS, vol. 104, pp. 6550-6555, 2007 (Pour La Science – N° 356, juin 2007).
[3] Ivar Ekeland – Le pétrole sera-t-il bradé ? (Pour La Science – N° 356, juin 2007).
Qu’est-ce qui pousse l’être humain à agir de la sorte ?
Le temps des vacances est un temps propice à la lecture, bien que je lise énormément le restant de l’année. Mais le choix des œuvres varie car je cherche des sujets plus abordables, moins abstraits, plus distrayants, pas toujours comme vous le verrez. Parmi les livres que j’ai dévorés durant ces mois d’été, j’ai constaté qu’il existait un point commun, bien que les genres soient totalement différents. Cette constante pourrait se formuler comme suit : « Homo sapiens est-elle la seule espèce qui présente des comportements aussi aberrants, passant du sublime, de l’abnégation la plus totale au mal le plus noir au point d’exterminer ses congénères ? »
Pour commencer, j’ai terminé la lecture d’un pavé, « J’ai serré la main du diable »[1], journal du général Roméo Dallaire, en charge des forces de maintien de la paix de l’ONU au Rwanda, durant le génocide. Ce livre a provoqué en moi une suite de sentiments contradictoires, passant de la révolte et du dégoût le plus profond à l’admiration sans réserve pour ce militaire qui en dépit de toutes les difficultés rencontrées a essayé de poursuivre sa mission. Il raconte les nombreux avatars par lesquels il est passé : le défilement des responsables de l’ONU, l’aveuglement et le non engagement des grandes puissances (U.S.A., Grande-Bretagne…), le soutient inconditionnel de la France pour les génocidaires Hutu. Tiraillé entre toutes les parties en présence, Dallaire a assisté impuissant au massacre sans pouvoir intervenir, n’ayant ni le mandat, ni les moyens financiers et matériels, malgré ses nombreux rapports et appels au secours. L’indifférence générale est responsable de près d’un million de morts ! Il y a laissé son âme et sa santé et dû être rapatrié dans son pays le Canada, étant atteint du syndrome de stress post-traumatique.
Dans un genre totalement différent, je me suis à la lecture des romans de Patricia Cornwell[2]. Cette américaine s’est fait une spécialité des thrillers. Elle y décortique par le menu les crimes de tueurs en série particulièrement pervers et décrit avec une précision toute clinique le travail de son héroïne Scarpetta, médecin légiste à la morgue de Richmond, capitale de la Virginie. Là encore il est difficile d’admettre que des êtres humains puissent être capable d’une telle barbarie.
Venons-en à des choses plus réjouissantes, avec l’autre face d’Homo sapiens. Autre ouvrage lu durant ces vacances : « Comment devient-on amoureux ? »[3] par Lucy Vincent, docteur en neurosciences. Cette scientifique, d’une façon simple et claire, montre que l’amour est « le meilleur tour de magie inventé par l’évolution ». Elle nous dévoile le mystère de ce sentiment si fort et si agréable qui peut nous bouleverser totalement en nous parlant avec tendresse et humour du rôle des hormones, des phéromones et des neurotransmetteurs qui nous poussent à rechercher l’âme sœur. Elle nous réconcilie avec l’être humain si proche de ses frères animaux.
Dernier bouquin et non des moindres, « La vie est une fable »[4] écrit par Jean-Didier Vincent, l’époux de la précédente et également neurobiologiste. Décidément l’humour est de mise dans la famille. Il nous conte dans un style cocasse sa propre aventure depuis sa conception due à la rencontre fortuite de deux être humains, ses parents, jusqu’à l’âge adulte en faisant le parallèle avec celle de l’évolution depuis les premiers signes de vie et l’apparition des tétrapodes. Il y fait également intervenir la contingence, sujet abordé lors de l’éditorial précédent. Je le cite : « Maintenant ; si on additionne la faible probabilité d’une rencontre matrimoniale entre mes parents et la chance infinitésimale que le spermatozoïde qui portait la demi-part paternelle de mon génome se joignît à la demi-part maternelle contenue dans l’ovule dit de Versailles [NDLR : c’est sur la moquette d’une chambre d’hôtel à Versailles qu’il fut conçu !], on peut logiquement conclure que ma vie est un produit extrêmement improbable du hasard. Mais pas seulement ma vie : toute la vie ! »
A méditer !
Robert Six
[1] Dallaire R. – J’ai serré la main du diable. La faillite de l’humanité au Rwanda, Libre Expression, 2003.
[2] Cornwell P. – Post Mortem, Le Livre de Poche n° 7632, 1995, et Morts en eaux troubles, Le Livre de Poche n° 17032, 2004.
[3] Vincent L. – Comment devient-on amoureux ?, Odile Jacob, 2004.
[4] Vincent J.-D. – La vie est une fable, Odile Jacob, 1998.
2009, année Darwin
L’année 2009 promet d’être riche en événements commémoratifs. En effet, 2009 marque à la fois le 200ème anniversaire de la naissance de Charles Darwin et le 150ème anniversaire de la parution de son œuvre majeure « L’origine des espèces ».
Le 12 février 1809, Susannah Darwin, née Wedgwood, met au monde le petit Charles, cinquième d’une fratrie de six enfants. Il est le fils de Robert Darwin, médecin et financier prospère et le petit-fils d’Erasmus Darwin (1731-1802), médecin et poète, célèbre pour ses nombreuses recherches et son ouvrage « Zoonomie » qui influença Charles.
Tout individu un tant soit peu cultivé se rappelle les cinq années de circumnavigation(27-12-1831 – 2-10-1836) que Darwin a passé sur le Beagle commandé par Robert FitzRoy. Avant le départ, celui-ci lui avait remis le premier volume des « Principles of Geology » de sir Charles Lyell (1797-1875) qui défendait la théorie du gradualisme en opposition à celle du catastrophisme de Hutton.
Après cette riche expérience, Charles Darwin, hypocondriaque, se retire loin des fureurs de Londres et entreprend son œuvre gigantesque. Il en sortira en 1859 son ouvrage le plus célèbre : « L’origine des espèces au moyen de la sélection naturelle ou la lutte pour l’existence dans la nature ».
Jamais théorie ne provoqua autant de débats, de controverses. L'évolution par la sélection naturelle fut largement discutée, voire dénigrée, particulièrement dans les communautés religieuse et scientifique .Il fallut attendre la redécouverte des lois de Mendel sur l’hérédité pour que la majorité de ses pairs accepte sa théorie.
Malheureusement, la loi du mieux adapté transformée par celle du plus fort fut récupérée à des fins politiques ou sociales C’est ainsi que son cousin Francis Galton appliqua ses conceptions à la société humaine et promut l’idée d’une amélioration héréditaire par l’eugénisme. D’autres part, le courant d’idées issues de Thomas Maltus et d’Herbert Spencer, a appliqué la notion de « survie du plus apte » aux sociétés, aux nations et aux entreprises. A la fin du XIXe siècle et durant le XXe siècle, ces déviations ont été utilisées pour défendre diverses perspectives idéologiques, y compris l’économie du laissez-faire, le colonialisme, le racisme et l’impérialisme.
Dans le domaine religieux, le darwinisme fut toujours combattu par la mouvance intégriste des différentes églises, qu’elles soient chrétiennes ou musulmanes. Rappelons-nous le « procès du singe » (Scopes Monkey Trial) qui s’est déroulé du 10 au 21 juillet 1925 à Dayton, Tennessee (USA). Il opposait les fondamentalistes chrétiens aux libéraux. Le jugement vit la condamnation de John Thomas Scopes, professeur de l’école publique de Dayton, soutenu par l’Union américaine pour les libertés civiles, au versement d’une amende de 100 dollars pour avoir enseigné la théorie de l’évolution à ses élèves, en dépit d’une loi de l’Etat de Tennessee (Bulter Act) interdisant aux enseignants de rejeter « l’histoire de la création divine de l’homme, telle qu »elle est enseignée dans la Bible ».
Actuellement, nous assistons à une reprise de ce genre d’argument en faveur d’une création divine de l’homme par le biais de deux courants. L’un est celui de l’intégrisme pur et dur défendu par des individus comme Harun Yahya avec son « Atlas de la création », pour qui tous les maux de la terre sont dus au darwinisme ; l’autre, plus subtil, se cache derrière une pseudo attitude scientifique avec le dessein intelligent auquel participe des scientifiques de renom. Ce dernier courant ne rejette pas l’évolution mais renie le rôle de la contingence pour la remplacer par un déterminisme émanant d’une entité extérieure à la nature.
A nous de prendre garde et de réagir en conséquence.
Charles Darwin s’éteindra le 19 avril 1882.
La Rédaction